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Marie-Odile VINCENT, Présidente de Cap’Ability, répond aux questions d’un ami qui cherche à comprendre pourquoi une nouvelle association ?
Handicapée de naissance, j’ai toujours vécu difficilement, profondément, tout ce qui nous écarte, nous rejette des activités des « autres », nous isole dans un ghetto invisible… Ce combat pour la « normalité », j’ai décidé de l’appliquer aujourd’hui aux activités touristiques.


Quel est plus précisément votre objectif ?
Promouvoir la possibilité pour les personnes en situation de handicap –et ce terme inclut bien entendu les personnes âgées qui rencontrent des difficultés de déplacement- de participer aux activités touristiques normales et j’insiste sur cet adjectif. Notre mot d’ordre : « Le tourisme, c’est possible pour tous », notre but : « l’accessibilité ».

Que d’habitudes, que de vieux réflexes conservateurs, craintifs, à remettre en cause !
Bien sûr, et c’est probablement le principal obstacle. Mais l’opinion évolue –trop lentement certes- le principe de solidarité nationale est admis et l’action en faveur des handicapés est reconnue comme prioritaire par le Gouvernement.

Concrètement, quelle est votre démarche ?
Primo : communiquer tous azimuts sur notre ambition et notre objectif (notamment via notre site).
Secundo : inciter les professionnels du tourisme à multiplier les offres de voyages ouvertes aux personnes handicapées, qu’il s’agisse des moyens de transports successifs ou des structures d’accueil (aéroports, hôtels etc.).
Tertio : les encourager à communiquer systématiquement sur ces dispositions particulières.

Etes-vous déjà passée à l’action ?
Oui, ma première initiative a été de concevoir l’Association Cap’Ability, simultanément, j’ai créé une agence de voyages spécialisée dans l’accueil des touristes en situation de handicap : Voyagez-Aussi, organisme professionnel en contact quotidien avec les opérateurs du tourisme.
Dans un premier temps, notre but devrait être de constituer progressivement un véritable réseau professionnel des agences et opérateurs en mesure d’offrir des voyages « accessibles » aux personnes handicapées. N’oublions pas non plus que chaque handicap est différent et requiert des solutions particulières. La clientèle handicapée a besoin d’une information détaillée et qualifiée sur l’accessibilité aux équipements.
Je suis passée ensuite aux travaux pratiques, en créant notre premier produit touristique, un safari « adapté » en Tanzanie : beauté des paysages, émerveillement de la faune, qualité de l’accueil, gentillesse et prévenance de nos hôtes… Un safari inoubliable par les nombreuses dispositions prises pour faciliter l’accès des personnes handicapées à leurs hôtels ou à leurs moyens de transport.

Où en sommes-nous dans cet effort ?
L’absence d’informations fiables sur la nature et le degré de l’accessibilité aux équipements de transport, d’hébergement et de loisirs constitue un obstacle important. Il existe aussi un déficit de savoir faire dans la conception et la promotion des dispositions prises pour l’accessibilité des personnes handicapées aux activités touristiques. Les besoins, les contraintes des handicapés sont mal connus et cette ignorance entretient chez les professionnels la crainte de s’engager. Bref, il existe pour la profession un marché réel mais encore mal connu et inexploité.

Vous parlez de « dispositions particulières ». Qui va en supporter le coût parfois élevé ?
Les investissements à consentir sont modestes comparés au coût global des infrastructures et des moyens de transport. Ils seront largement amortis par un élargissement non négligeable de la clientèle des opérateurs de tourisme et des transporteurs : on estime entre 36 et 50 millions le nombre des Européens handicapés aptes physiquement et économiquement à voyager. L’effort consenti pour permettre aux handicapés de participer pleinement aux activités touristiques s’inscrit dans la politique affichée par le Gouvernement. Celui-ci ne peut y être indifférent et il serait logique qu’il en facilite financièrement la réalisation, d’une manière ou d’une autre. De toutes façons, il ne saurait être question que le coût du voyage soit majoré pour les touristes handicapés.
Puis-je conclure en faisant simplement observer que l’effort consenti pour assurer l’accessibilité des personnes handicapées profite en réalité à tous les clients de ces voyages touristiques…

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