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Olivia, nous nous connaissons depuis plusieurs années et c'est notre passion commune pour les voyages qui nous a rapprochées. Parle-nous de cette rencontre
Je me souviens, c’est par le biais d’une kiné, Carole, avec qui j’avais discuté de mes envies d’essayer de faire quelque chose dans le tourisme et que j’ai entendu parler de toi. Elle t’avait croisée, par hasard, à bord d’un vol qui vous conduisait en Egypte et a eu la bonne idée de me transmettre ton contact.
Parce qu’impressionnée par ton parcours, j’avais une petite appréhension en composant ton numéro mais tu m’as tout de suite mise à l’aise et le contact c’est fait tout naturellement. En quelques minutes un rendez-vous été fixé pour un déjeuner chez moi. Je venais d’emménager et j’ai réussi à complètement cramer la tarte (je te dois toujours un vrai déjeuner à ce propos !) mais l’incident a rapidement été oublié, laissant place à nos échanges passionnés sur les voyages.
Tu m’as longuement parlé de ton travail chez Comptoir, photos à l’appui qui m’ont emmenée tour à tour en Afrique, au Brésil et en Indonésie… ainsi que de ton projet Cap’Ability.
J’ai un très bon souvenir de cette première rencontre qui, en tant que toute jeune accidentée, n’a fait qu’accroître mon envie de reprendre la route, mais aussi de suivre tes traces en matière de tourisme accessible… C’est d’ailleurs grâce à toi qu’un an plus tard, j’ai travaillé pour une association œuvrant dans le tourisme adapté aux personnes en situation de handicap sur Paris et en Ile-de-France. J’ai ainsi fait mes premières armes sur la mise en place de séjours adaptés, et pris conscience qu’il y avait encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Les voyages hors des sentiers battus, les sports de l'extrême, les aventures qui se déclinent en défis c'est toi, c'est ce que tu aimes farouchement et que tu défends avec beaucoup de passion dans "We Wheel Rock You", projet que tu mets en scène en ce début d'année 2015. Paradoxalement ce n'est pas exactement ce à quoi on s’attend quand on parle de tourisme accessible et qu'on appelle aujourd'hui "Inclusive Tourism". Que veux-tu nous montrer en le réalisant ?
Les voyages et les sensations fortes ont, effectivement, toujours eu une place importante dans ma vie. Par sensations fortes je ne parle pas uniquement de sports extrêmes mais bien de ressentir, de se sentir vibrer, que ce soit face à un paysage, une œuvre d’art, une rencontre… ou un saut à l’élastique.
Ce projet, c’est la continuité d’un rêve que j’ai du mettre de côté suite à mon accident et qui n’est donc pas directement lié au handicap. Mais finalement, en le mettant en place, j’ai pris conscience que ce même handicap, qui m’a à une période freinée et qui continue de compliquer les choses, est devenu un moteur, une force que je n’aurais jamais suspecté au départ.
Je ne cherche pas à montrer à quel point il peut être difficile de voyager quand on est en fauteuil roulant à cause du manque d’accessibilité (ce qui sera de toute façon visible au vue des situations que je vais rencontrer), je souhaite montrer qu’il est aussi une opportunité pour de vraies belles rencontres et, finalement, - handicap ou pas -, quand on veut vraiment quelque chose on peut atteindre ses objectifs grâce à la volonté et l’entraide même si ce n’est pas de tout repos.

Ce projet de série documentaire participative de voyage Web et TV va te mener en Amérique Latine, un continent que tu rêves de découvrir. Au delà de sa traversée que nous allons suivre, ce projet que l'on a tant envie de soutenir, porte une vision à la fois innovante et originale. Dans l'inconscient collectif, en effet, les personnes handicapées ne peuvent concrétiser leur rêve de voyage sans l'implication et l'aide des autres. Ici, c'est toi qui prends les rênes, c'est toi qui va nous faire voyager d'une façon tout à fait unique puisque c'est toi qui nous impliques. Tu pousses l'audace, alors que tu es en fauteuil roulant, de vouloir relever des défis qui t'auront été soumis par une audience représentée par des personnes aussi valides.
Une dynamique qui va forcément enrichir le regard que la société pose sur le handicap. Tu portes un message ? Qu'as-tu envie de prouver, de faire évoluer ?

Pour enrichir le regard que la société porte sur le handicap, il est très important pour moi d’impliquer le « public » à ce projet par le biais des défis. Mon handicap sera forcément visible mais il ne s’agit pas tant d’en parler ou de le mettre en avant que de le faire oublier. C’est un attribut comme un autre avec lequel on apprend à vivre et qui peut-être tour à tour un vrai casse-tête ou sacrément utile.
Même si dans le cadre de ce projet je ne souhaite pas particulièrement parler de handicap mais bien de dépassement de soi, d’aller de l’avant et d’essayer de réaliser ses rêves malgré les difficultés rencontrées, difficultés qui sont souvent propres à chacun.
Je vais m’appuyer sur la volonté qui est la mienne mais aussi et surtout sur la solidarité et l’entraide que je vais aussi rencontrer.
J’aimerai que les gens prennent conscience qu’au delà d’un corps moins mobile, moins domptable, c’est toujours la personne handicapée qui s’adapte à son environnement. Et ce n’est pas l’inverse ! Car c’est bien un escalier qui créé une situation handicapante pour une personne en fauteuil roulant… Si j’ai mis en avant les sports extrêmes pour présenter le projet c’est pour que chacun se sente concerné par l’importance du dépassement de soi et se dise : si  elle en fauteuil roulant arrive à faire tout cela, je ne vois pas pourquoi, moi, je ne pourrai pas le faire.
Et, finalement, même si parmi les défis qui me seront lancés un certain nombre réalisés grâce à l’implication des gens que je vais rencontrer, ce sont ces échanges même qui vont me permettent d’aller jusqu’au bout.
Alors bien sur il ne faut pas croire que tout est facile, il faut parfois prendre des risques et accepter de « se casser les dents » pour arriver à ses fins. Ca fait parti du jeu !

Si je te propose, dans chaque pays traversé, de relever le défi d'aller a la rencontre d'une personne handicapée qui, de part son engagement, sa créativité ou une initiative, a permis de faire évoluer ne serait qu’une seule chose dans son pays, que ce soit pour la communauté qu'elle représente ou pour tous. Si je te propose de jouer les « Antoine de Maximy » en relevant le défi de "J'irai dormir chez vous" dans des hébergements que tu qualifieras d'accessibles, ..., que me réponds-tu ? Tu mets ces défis dans tes bagages ? Comment vas-tu choisir tes défis à relever ?
A cette question j’ai envie de te répondre… oui et non !
J’aimerai beaucoup aller à la rencontre de ce type de personnalités, qui véhiculent une énergie positive de dépassement de soi, de partage, de solidarité, qu’elle soit handicapée… ou non bien évidemment. Même si je suis convaincue, qu’il y aura parmi elles des personnes porteuses d’un handicap (j’ai déjà ma petite idée sur la question… J )
Pour ce qui est d’aller dans des hébergements accessibles… s’ils le sont ce n’est plus vraiment un défi !
Ceci dit, je profiterai de cette aventure pour répertorier les lieux dans lesquels je vais me rendre ceux qui le sont ou vont le devenir et tâcherai de les mettre en avant sur le site.
Le choix des défis se fera en plusieurs étapes :
-    Les internautes proposent d’abord leurs défis sur le site et/ou la page Facebook,
-    Nous en sélectionnons une dizaine afin d’avoir un panel assez diversifié entre lieux, rencontres, difficultés et thématiques (culture, sports, nature, portée social…)  proposés. Une sélection qui sera soumise elle aussi au vote des internautes.


Cette expérience extraordinaire que tu vas vivre et nous faire partager porte t-elle une ambition utile aux économies du tourisme ? Y as-tu pensé ? Crois-tu qu'elle peut-être utile aux professionnels du domaine et si oui comment ?
Cette expérience n’a à l’origine aucune ambition utile aux économies du tourisme mais se serait géniale qu’elle contribue à élargir l’accès au tourisme pour les personnes en situation de handicap ! Je pense et espère même qu’elle le sera implicitement.
En effet, comme je souhaite me rendre dans des lieux non pas pour leur accessibilité (ce qui est malheureusement trop souvent le cas pour les personnes en situation de handicap) mais bien parce qu’ils me font envie ou parce qu’ils rentrent dans le cadre d’un défi à relever.
Je vais être en permanence, au cours de ce périple, confrontée à des endroits inaccessibles auxquels je vais devoir m’adapter en faisant bien souvent, appel à quelques qualités indispensables telles que l’ingéniosité et la débrouillardise. Et en les mariant, ce n’est pas toujours aussi compliqué qu’on l’avait imaginé ! Et ça Marie-Odile, tu es bien la première à le savoir et à le montrer J
Très souvent on se rend compte qu’on est d’abord confronté à une méconnaissance du handicap, bien plus qu’à de la mauvaise volonté, qui elle est un frein plus difficile à surmonter.
En sensibilisant les quelques professionnels que je pourrai être amenée à rencontrer, lors de ce voyage, j’espère contribuer, à ma petite échelle, à cette problématique.
Et si mon projet est relayé par les média, j’entends bien m’appuyer sur cet argumentaire pour expliquer qu’au delà d’une offre adaptée, l’enjeu compte aussi et avant tout tant en termes d’image qu’en termes d’ouverture à cette nouvelle clientèle !

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